Affaire Wedding : un deuxième accusé tente d’être libéré et d’éviter son extradition
La famille de Gurpreet Singh offre 1,6 million de dollars en garantie et propose de le surveiller 24h sur 24 en attendant son éventuelle extradition aux États-Unis, où il est accusé de trafic de drogues. L'audience sur le cautionnement de l'individu de 31 ans a montré mercredi que son père ne sait pas grand-chose au sujet de ses allées et venues et de son arrestation. Le FBI soutient que Gurpreet Singh est lié au présumé réseau de trafiquants dirigé par l'ancien surfer olympique canadien Ryan Wedding, qui est toujours en cavale. L'agence chiffre à un milliard de dollars l'organisation de Wedding qui tremperait, outre le trafic de cocaïne, dans une série de meurtres commandités à l'échelle internationale. Gurpreet Singh a été arrêté en Ontario le 16 octobre 2024 avec trois autres individus. Ils sont tous les quatre en détention préventive dans la région torontoise. Hardeep Ratte, qui est l'oncle de Gurpreet Singh, est accusé d'avoir coordonné le transport de drogue pour le compte de l'ex-champion olympique canadien Ryan Wedding. Photo : Ontario Superior Court (à gauche) et Canadian Press/André Forget) La justice américaine accuse Singh d'avoir transporté ou tenté de transporter plus de 650 kilos de cocaïne, d'une valeur de 9 millions de dollars, de la Californie vers le Canada, dans deux chargements en mars et avril 2024. La Couronne a révélé mardi que Gurpreet Singh avait été enlevé au Mexique l'été dernier pour des dettes impayés de 600 000 $, mais que sa copine n'avait réussi qu'à amasser 400 000 $, forçant Ryan Wedding à intercéder en sa faveur auprès du gang de Sinaloa pour le faire libérer. Le Canadien Ryan James Wedding est toujours recherché par les autorités américaines et il se cacherait au Mexique. Photo : Associated Press / Damian Dovarganes La procureure Melissa Insanic a affirmé que Gurpreet Singh avait des liens avec de violents groupes criminels, notamment aux Émirats arabes unis, et qu'il avait d'ailleurs effectué plusieurs voyages à Dubaï. Gurpreet Singh est en outre soupçonné d'avoir été impliqué dans un complot pour expédier des voitures haut de gamme volées vers Dubaï à partir du port de Montréal. Le père de l'accusé, Kulwant Singh, affirme, à l'aide d'un interprète, qu'il a été M. Singh admet en revanche qu'il ne sait pas grand-chose de l'affaire et qu'il n'a posé aucune question à ce sujet à son fils à son retour au pays. Kulwant Singh témoigne à la barre des témoins en faveur de son fils Gurpreet (au premier plan) sous le regard du juge Michael Dineen de la Cour supérieure de l'Ontario et des avocats de la défense (à gauche). La procureure Kiran Gill (debout à droite) l'interroge. Photo : Radio-Canada / Pam Davies Le patriarche admet que c'est la seconde fois qu'il se porte garant de son fils, mais il ne se souvient plus de la première fois où il avait dû le faire. Il explique que son épouse et lui sont prêts à verser 1,6 million de dollars pour faire libérer Gurpreet en mettant en garantie leur maison. Un ami de la famille s'est aussi porté garant de l'accusé. Kulwant Singh, qui possède une compagnie de camionnage, deux employés et trois camions, mentionne qu'il se chargerait personnellement de surveiller en tout temps l'accusé s'il devait être relâché. Il reconnaît que son fils a eu des démêlés avec la police avant qu'il ne l'oblige à quitter le domicile en 2019 pour violence conjugale, voies de fait et bris de ses conditions de libération sous caution. Les déclarations de Kulwant Singh à la barre des témoins tranchaient par son ignorance des allées et venues de son fils Gurpreet Singh depuis 2019. Photo : Radio-Canada / Pam Davies Le patriarche se souvient que son fils a aussi été mis en accusation pour conduite avec les facultés affaiblie à la suite d'un accident en 2014 et qu'il a été blessé par balle la même année. Il explique que son fils a des problèmes liés à la colère, qu'il a suivi un thérapeute et qu'il a été médicamenté à un moment dans sa vie. Il avoue qu'il a même dû contacter un jour la police pour savoir comment s'y prendre avec son fils au sujet de ses emportements. Hardeep Ratte, l'oncle de l'accusé, a déjà eu son audience sur le cautionnement en janvier et sa famille s'est aussi portée garante de lui. Sa sœur est contre-interrogée par la procureure Melissa Insanic, sous le regard du juge Dineen et de l'accusé (au premier plan). Photo : Radio-Canada / Pam Davies Kulwant Singh ne croit pas non plus que son fils ait une mauvaise influence sur son frère cadet Jagman s'il devait revenir vivre à Caledon en attendant son audience sur l'extradition. Il confirme que Jagman Singh ne peut se porter garant de son frère, parce qu'il ne possède aucune propriété, mais qu'il accepterait volontiers de le surveiller si le tribunal le lui permettait. Les assurances de Kulwant Singh au sujet de l'accusé tranchent avec ses déclarations antérieures, parce qu'il avait montré au début de son témoignage qu'il ne connaissait très peu la vie de son fils. Il ne sait pas par exemple où travaille exactement son fils ; il ne connaît ni son salaire ni son emploi du temps ; il ignore en outre où il habite à Toronto. Les avocats Peter Ketcheson (à gauche) et Peter Thorning auront droit à un droit de réplique à la reprise de l'audience vendredi pour réinterroger le père de leur client Gurpreet Singh. Photo : Radio-Canada / Pam Davies Le patriarche ajoute qu'il ne connaît pas les amis de son fils, dont certains sont présents dans le prétoire. Pas plus que la petite amie de l'accusée, une prénommée Kulwant Singh soutient qu'il a appris de son plus jeune fils que Le juge Michael Dineen, de la Cour supérieure de l'Ontario, devra décider à une date indéterminée s'il libérera Gurpreet Singh sous caution avant l'audience de l'accusé sur son extradition. Photo : Radio-Canada / Pam Davies Il souligne que son fils a seulement complété son secondaire. Il mentionne que son fils s'est installé à Toronto en quittant le domicile familial, puis à Brampton et à nouveau à Toronto, mais qu'il n'a jamais connu ses différentes adresses. Il ignorait que son fils se rendait souvent à Dubaï et au Mexique, qu'il conduisait un VUS Cadillac Escalade et qu'il habitait dans deux hôtels 5 étoiles de Toronto. Je ne sais pas comment il faisait pour payer ses dépenses et je ne lui ai jamais posé la question, On comprend dans l'interrogatoire de la procureure Kiran Gill que la Couronne ne souhaite pas que Gurpreet Singh soit libéré en attendant l'audience sur son extradition, parce qu'il risque de fuir le Canada pour échapper au FBI. Au total, 16 individus ont été arrêtés dans 4 pays pour complicité alléguée relativement au réseau criminel de Ryan Wedding. Le FBI soutient que le groupe aurait utilisé des camions de transport pour faire transiter de grandes quantités de cocaïne en Amérique du Nord. Photo : AP / Damian Dovarganes Me Gill a expliqué que Gurpreet Singh risquait au minimum 10 ans de prison - et la perpétuité au maximum - s'il était reconnu coupable au terme de son procès en Californie. L'audience reprendra vendredi.

Le témoignage du père de l'accusé
surpris et choqué
d'apprendre l'arrestation de son fils et les accusations auxquelles il fait face aux États-Unis. Je l'ai appris dans les journaux
, dit-il en punjabi.C'est une expérience qui m'a ouvert les yeux sur son style de vie
, ajoute-t-il après avoir appris que son fils Gurpreet avait été enlevé par un cartel de la drogue au Mexique en juillet 2024.
Peut-être en 2008 ou en 2014
, poursuit-il.
Notre relation est bien meilleure maintenant
, assure-t-il en ajoutant que son fils est aujourd'hui plus mature et qu'il ne serait pas difficile de le surveiller à la maison.
De nombreuses méconnaissances
Je pense qu'il a une entreprise de remorquage, mais je ne sais pas s'il est propriétaire de son camion
, dit-il en ajoutant que les deux hommes ne parlent jamais de leur travail.
Jojo
.Je ne l'ai rencontrée qu'une ou deux fois, je ne sais pas depuis combien de temps ils sont ensemble, je ne sais pas s'ils ont des enfants
, poursuit-il.Jojo
avait pu amasser 400 000 $ auprès de 25 connaissances
afin de payer les dettes de son fils au Mexique.Je ne sais pas si elle travaille et j'ignore la raison pour laquelle je n'ai pas appelé la police
, déclare-t-il.
Il était intelligent à l'école, mais il se battait avec des camarades
, dit-il.Il risque 10 ans de prison
Il louait des appartements, mais au nom de sa mère
, explique-t-il.
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